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David Bowie: le son, la vision et le génie

Sortie de scène grandiose pour David Bowie, parti rejoindre son mentor Lou Reed (sans parler du Major Tom qui, on le sait, était un junkie) dans l'éternité. Comme un Jean Cocteau britannique, il aura su rejoindre et toucher un public jeune, sensible et ouvert aux déclinaisons sexuelles ambivalentes, aux propositions musicales innovantes et à la vie menée sur la corde raide, toujours avec une classe et une grâce hors du commun.

J'ai appris son existence en 1975, à 13 ans, par l'adulation que lui portaient certains de mes amis. Fame fut l'un de mes premiers achats de 45 tours. Station to Station fut mon cadeau d'anniversaire de 1976, merci à grande soeur Lise. L'achat de ChangesOne en format cassette la même année aux États-Unis, avec son boîtier de carton scella en quelque sorte les choses. Tranquillement, inexorablement, Bowie prenait sa place dans mon imaginaire également, comme pour bien des jeunes à cette époque.

Ses multiples quêtes identitaires - je pense à l'androgyne de Hunky Dory, à Ziggy Stardust, Halloween Jack, Aladdin Sane, le crooner soul de Young Americans, le Thin White Duke, le Pierrot déjanté de Scary Monsters, etc. - ont  tenu en haleine et alimenté l'imaginaire de millions d'ados depuis leur introduction. Ces incarnations auront induit des milliers de jeunes à prendre un instrument et à devenir musiciens: l'époque Ziggy Stardust aura contribué à la scène Glam, et par la suite à la naissance des mouvements Punk, New-Wave, Cold Wave, Post-Punk, et j'en passe. Avant de s'appeler Joy Division, le groupe de Manchester s'était d'abord baptisé Warsaw, en hommage à Warszawa de l'album Low. Les Simple Minds, Psychedelic Furs, Bauhaus, Echo & the Bunnymen et combien d'autres se sont voulu la réincarnation vocale et stylistique de ce chaméléon incomparable. Impossible de ne pas le relier à l'oeuvre d'Alain Bashung non plus.

L'album Scary Monsters (and Super Creeps)en 1980 officialisa l'abandon de ses personnages excentriques et, il faut le dire, l'usage des drogues. Par la suite, Bowie tâtonnait, se cherchait: Let's Dance, malgré ses innombrables hits, n'était pas de la même eau que les précédents. Tonight et les albums subséquents ne se montraient pas plus convaincants; ils nous laissaient sur notre faim, nous les fans qui attendions le retour du Grand duc blanc avec impatience.

En 1997, il démontra son sens des affaires affûté en introduisant son catalogue musical à la Bourse et obtenant du coup une avance de $55 millions sur ses royautés anticipées sur les 10 années suivantes.

Comme producteur, il aura mis sa griffe sur quelques albums décisifs dans le grand portrait de la scène rock : Transformer de Lou Reed; Raw Power d'Iggy Pop & the Stooges, et The Idiot par le même Iggy Pop.

Il aura laissé son empreinte sur le cinéma (The man who fell to Earth, Merry Christmas Mr Lawrence, The Hunger, Labyrinth), sur la mode, la danse et le théâtre. Il aura repris Jacques Brel par sa version d'Amsterdam. Même Gainsbourg lui aura rendu hommage en chanson.

David est parti rejoindre Reed, mais aussi Mick Ronson, John Lennon, Stevie Ray Vaughn et Andy Warhol, qui ont tous traversé son art et sa vie, et influencé la marche du monde.

Bowie est mort. Vive David Bowie!!

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