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Elvis Costello à Osheaga: Punk 101

Devant un public de festivaliers plus clairsemé et composé majoritairement de jeunes hipsters au dessus de leurs affaires en cette deuxième journée du festival Osheaga 2011, Elvis Costello et ses Imposters ne s'en sont certainement pas laissé imposer après les DFA 1979 et autres Sam Roberts band, et nous ont administré une sacré claque punk et rock 'n roll sur la gueule durant un quatre-vingt-dix minutes survolté composé de succès et de classiques puisés largement dans ses albums des débuts. Costello pratiquait alors musicalement une politique du lance-flammes, et nous a rappelé que c'était le cas en nous servant toute une leçon de rock 'n roll.

En entrevue promo au Voir et sur Cyberpresse cette semaine, Costello évoquait la diversité des publics de festivals, et se montrait évasif quant au choix du répertoire pour ce show, se contentant d'évoquer que ça serait une variante de son spectacle qu'il promène actuellement au sud de la frontière, avec sa grande roue chanceuse, la Spinning song wheel. Dans un tel contexte, je m'attendais à ce qu'il se concentre sur ses cartes de visite habituelles, soit son répertoire le plus connus depuis ses touts débuts.

Il s'est avéré que je n'avais pas tout faux, et pour le vieux fan de lui que je suis depuis Mathusalem, c'était le show de rock 'n roll rêvé, Costello ouvrant les hostilités avec une « Lipstick Vogue » tout aussi rageuse qu'à l'époque de « This Year's Model », pour se enchaîner avec une « Watching the Detectives » intense et lascive, à l'image de la danseuse à go-go mettant beaucoup de coeur à l'ouvrage et se trémoussant comme une démone dans sa cage! Quelle intro!

Costello n'hésite pas ensuite à nous balancer rapidement ses succès : outre « Detectives », suivront « Every Day I Write the Book », « Alison » et « Radio Radio », comme pour se débarrasser des obligations vite fait bien fait. Son répertoire est tellement vaste qu'il peut se permettre de suivre son habituelle ligne de conduite, soit celle de ne pas suivre les chemins battus et de se faire plaisir en exécutant des pièces plus obscures et rarement jouées live; ainsi on aura droit à « Strict Time », à « Chelsea », à « Uncomplicated », à « Shabby Doll », « Beyond Belief », et j'en passe...

Avec une attitude de « couteau-entre-les-dents » tout au long du spectacle pour accrocher le public, Costello et les Imposters auront été d'une grande générosité dans l'énergie, l'intensité, le choix du répertoire et la réinvention des arrangements de classiques, sans jamais les dénaturer. Plusieurs fois durant la soirée les morceaux s'enchaîneront furieusement, donnant souvent dans les faits de longs medleys d'une dizaine de minutes.

Si parfois je m'ennuie un tout p'tit peu durant la relecture d'un classique en spectacle parce que l'artiste respecte trop fidèlement l'arrangement ou la durée du morceau à mon goût, Costello, lui, me rassasie en sortant du cadre et en se lançant dans des envolées vocales ou guitaristiques torrides, se promènant de gauche à droite en haranguant la foule, en étirant la durée des pièces et en amenant beaucoup de musicianship à l'ensemble, ce qui semble un peu se perdre dorénavant dans les spectacles d'arénas rodés au quart de tour, vu la technique et les projections audio-visuelles impliquées.

Outre « My Aim Is True » et « This Year's Model » Costello pigera donc principalement dans « Blood and Chocolate », en passant par « Trust » et « Imperial Bedroom ». Il a, pour ma part, choisi la bonne approche envers la jeune clientèle d'Osheaga en dépit du résultat; que voulez-vous, c'est le propre du branché blasé, ce je-m'en-foutisme... Même mon amie Jocelyne qui m'accompagnait me faisait remarquer, un moment donné, qu'il n'y avait pas beaucoup de monde sur place...

Moi, je n'avais pas une seule seconde à perdre, bien trop occupé que j'étais à regarder en avant et à savourer chaque note de cette leçon de rock magistrale, et à en saisir le maximum avec ma petite caméra. Ça doit être ça, être old school, à l'opposé des jeunes hipsters bien trop branchés pour apprécier un « vieux croulant » de 57 ans comme Costello mettre le feu à la place... Je dois avoir passé l'âge de bouder mon plaisir... Mais quelle claque, mes amis!

La liste (non exhaustive) du spectacle: Lipstick Vogue - Watching the Detectives / Everyday I Write the Book / Alison - Mystery Dance - Strict Time / Uncomplicated - Radio Radio / Bedlam - Shabby Doll / I Want You – Chelsea / Beyond Belief – Clubland / Rappel: Pump It Up / Substitute / (What's so funny about) Peace, Love and Understanding

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