L'avenir de la chanson francophone en 2010
Depuis ce reportage diffusé au Téléjournal de la SRC le 7 juin dernier sur l'état de la chanson québécoise dans les cégeps qui forment la relève interprète et chansonnière de demain, je suis plus attentif aux nouvelles qui portent là-dessus. Et depuis deux mois, d'autres manchettes ont fait état d'un recul de la chanson québécoise et française dans nos vies. Et s'il arrivait à la chanson francophone ce qui arrive au cinéma français au Québec depuis quinze ans, soit un lent et inexorable déclin?
« Honnêtement, j'aime pas beaucoup le français! » admet la rousse Sarah brutalement franche, non sans échapper une moue un rien dédaigneuse au début du reportage de Catherine Kovacs sur des finissants en Techniques de chanson (des cégeps Marie-Victorin et de Drummondville), et questionnant leur rapport avec leur langue.
« Je trouve que c'est moins large. Ça se regroupe (sic) au Québec, et encore là, je suis pas très québécoise... » poursuit Sarah... Pas très québécoise? Elle semble on ne peut plus de souche pourtant! Estomaquant, mais pas complètement surprenant comme aveu pour qui connait l'âme et les contradictions québécoises.
Je ne sais pas ce qui me pique le plus là-dedans? La brutale candeur d'une jeune pousse de 18 ans qui commence à peine à faire le tour du jardin musical, ou l'aveuglement volontaire de profs vis-à-vis leur propre culture? Désolant et colonisant...
Puis, le 8 juillet, sous la plume d'Isabelle Porter dans le Devoir, l'article "La chanson française a peu d'avenir". C'est que le Festival d'été de Québec a de la difficulté à trouver des artistes français qui CHANTENT en français!! La relève de l'Hexagone adoptent effectivement de plus en plus la langue de Shakespeare, qui poursuit sa tranquille conquête planétaire, pareille à un rouleau compresseur. On va devoir bientôt s'inquiéter de la survie non seulement de la biodiversité de l'écosystème terrestre, mais aussi de celle des écosystèmes culturels humains.
Sur ma page MySpace de l'Atelier, je reçois périodiquement depuis quelques années maintenant, des invitations de groupes français truffés de noms anglais et chantant en anglais leurs créations anglophones. Systématiquement je les refuse. J'ai choisi le français pour m'exprimer, pour communiquer avec mes pairs, et c'est la ligne éditoriale de l'Adp. Mais je le constate de visu que la France musicale branchée est passée à l'anglais.
Et curieusement, le même jour que sort l'article du Devoir, je tombe sur cet article du magazine Le Point: " Français, pour exister, parlez English ! " comme pour étayer mes observations de mes invitations françaises ci-dessus. Ce qui laisse un drôle de goût en bouche... Si la Maison-mère abandonne sa 'marque de commerce' principale, qu'est-ce que devient la lutte pour l'avancement du français au Québec et dans le monde? Une lutte d'arrière-garde?
Et finalement, comme pour enfoncer le proverbial clou, le dernier article en date du 26 juillet paru dans Cyberpresse : FrancoFolies de Spa : les «FrangloFolies» belges. Le titre parle de lui-même...
Bien entendu, il ne s'agit pas d'être un pur et dur de la langue, ça n'est pas le fond de mon propos, et je serais bien mal placé pour donner des leçons sur ce point; il y a certainement de la place pour l'anglais dans les cours de niveau collégial, pour revenir au reportage initial. Un ratio de deux chansons francophones pour une anglo me semble raisonnable. Pourquoi les établissements s'y refusent-ils? Mystère... Est-ce une bonne idée que de laisser toute la place à l'anglais, de lui laisser le champ libre sans l'encadrer minimalement, par crainte de "politiser" l'enseignement de la musique? C'est une bien mauvaise réponse quant à moi.
Et n'est-ce pas culturellement, l'équivalent de jouer lentement mais sûrement avec les poignées de notre tombe? N' a-t-il pas là une grande méconnaissance du répertoire francophone enregistré depuis Félix, voire Gainsbourg (et Bashung, et Bélanger, les Rita, les Colocs et j'en passe)? On s'en tient à Trenet et à la Bohème dans les cégeps... Ça peut bien ne pas donner le goût de la chanson francophone à des jeunes gens bien de leur temps!
Il n'y a jamais eu autant de productions francophones sur le marché, et il n'y a pas un prof pour démontrer à la belle Sarah que la francophonie, c'est aussi le monde?










Oui bravo!
Il est important de défendre le français.
"Et s'il arrivait à la chanson francophone ce qui arrive au cinéma français au Québec depuis quinze ans, soit un lent et inexorable déclin?" Ca serait vraiment triste.
Il faut sensibiliser les gens pour ne pas perdre cette richesse.
Bravo bien dit et je partage
Bravo bien dit et je partage ta montée de lait... il est vrai que si on ne leur montre pas à quel point elle est belle notre langue et que même si elle est plus difficile à chanter ou à composer, elle a sa place et nous devons en être fier... il y a tellement de bon choix d'artiste francophone je ne comprends pas qu'il ne l'enseigne pas plus que ça...
Il y a beaucoup de travail à faire pour conserver nos chansons en français et surtout en avoir de nouvelles...
Je trouve très noble le fait que tu refuses les anglophones que ce soit par nom ou de par leurs chansons et t'encourage à tenir ton bout là dessus... Bravo...
Sue
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