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Lou Reed: comme un Big bang à lui seul

C'est à 71 que le compteur s'arrête pour le rocker new-yorkais originel et parrain du mouvement punk, Lou Reed, légendaire leader et fondateur du Velvet Underground (VU) de 1965 à '1970. Parolier avant-gardiste, riffer fondamental, interprète au débit monocorde mais lourd d'attitude, l'influence de Lou Reed résonne toujours jusqu'à nous. Reed, c'est un authentique colosse des sixties, récalcitrant aux compromis, abrasif et malcommode, qui ferme les livres. Il aura donné le ton et préparé le terrain pour l'explosion punk des années '70. Lou Reed, c'est un Big bang et une constellation à lui seul. Respect.

Fils de comptable, d'origine juive, son association avec l'artiste et concepteur multi-média Andy Warhol, producteur du premier album du VU (le logo de la fameuse "banane jaune", c'est de Warhol), lui aura donné l'occasion de mettre à profit son amour de la littérature, et de chanter l'héroïne, la violence et le sadomasochisme avant tout le monde dès 1967.

(Pendant ce temps, aux antipodes du pays, un autre jeune lettré, lui, chante l'oedipe sur un premier album éponyme intitulé The Doors. Il n'y aura pas d'amour perdu entre Jim Morrison et Lou Reed. Surtout du mépris de la part de Reed envers le Roi lézard. Paradoxalement, en plein été de l'amour hippie, les Doors et le VU sont les deux seuls groupes à chanter le danger et le mal de vivre, crûment. Morrison est passé par le blues, mais Reed l'a évacué sciemment de la musique du VU.)

L'album "The Velvet Underground & Nico" paru en 1967, et qui contient les titres "Waiting for thé man",  "Venus in furs" et "Heroin" est alors davantage perçu comme un bide commercial, au succès confidentiel. Comme quoi les revenus ne font pas foi de tout, l'album se classe dorénavant, d'après Rolling Stone, au treizième rang des 500 albums les plus influents du magazine.

Le VU marquera au fer rouge un jeune David Bowie, qui ne peut s'empêcher de louanger le groupe dans la presse rock de l'époque. Partant de Bowie et via le glam-rock, la filière Lou Reed gagnera de l'expansion par les Ramones et Patti Smith à New York, et par les Stranglers au UK pour mener à l'explosion punk de 1977 avec la bombe appelée "Sex Pistols", s'infiltrera chez Brian Eno, cheminera par Iggy Pop, et du coup alimentera la "Trilogie berlinoise" de Bowie et Eno. Elle nous amènera à Joy Division/New Order, The Clash, Bauhaus, Sonic Youth, R.E.M., Violent Femmes, Jesus & Mary Chain, Felt, Metallica, Nirvana, Weezer, Arcade FIre, etc. Serge Gainsbourg mentionne son nom sur l'album "L'homme à tête de chou", et au Québec, on l'entend dans Aut'Chose, et il y a même du Lou Reed jusque dans la guitare de "Maudit Bonheur" de Michel Rivard, c'est dire...!

Quand on fait le tour, ce n'est pas rien; c'est juste interminable.,,

Il laisse derrière lui une oeuvre dense et contemporaine, peuplée de personnages atypiques, poqués, marginaux, travestis, bref, tout le répertoire de la détresse humaine. De sa période solo, son succès le plus mémorable reste "Walk on thé wild side", dont les personnages sont issus de ses souvenirs de l'entourage gravitant autour de Warhol, déjà mondialement connu.



L'album "Transformer", d'ailleurs produit par Bowie dès 1972, sera parmi ses plus mémorables des années '70, dans une décennie qui comptera aussi l'intense "Berlin" et l'inécoutable "Metal Machine Music",  quatre faces de pur bruit et de distorsion. Mine de rien, ceux-ci auront pavé la voie à des branches du punk tels que le "post-punk" ou la musique industrielle. Fait à noter: Reed provenait de la musique contemporaine expérimentale du début des années '60, tout comme son comparse du VU, John Cale.

Autre album marquant de sa longue carrière, "New-York" fut acclamé comme étant celui du retour de Lou en 1989. Incidemment, l'album fut réécrit jusqu'à cinq fois, notamment grâce aux revenus des campagnes publicitaires que Reed toucha pour les motos Honda dans les années '80.

Ce que je retiens principalement du bonhomme, pour ma part, c'est le riffeur immense, génial et inimitable, sur un pied d'égalité avec Keith Richards,  Pete Townsend, Ray Davies, Jimmy Page et quelques rares autres. Le riff de "Sweet Jane", composé sur la fin du VU, est un classique du rock 'n roll.Le premier grand riff de Reed, selon ses dires à Paul Zollo dans "Songwriters on Songwriting".


Sa dernière visite à Montréal en décembre 2009, accompagné de sa conjointe Laurie Anderson et de John Zorn avait été difficile avec les médias et le public. C'était le cadet de ses soucis. Il était certainement de commerce désagréable, mais il laisse un monument derrière lui. C'est le legs des géants. Repose en paix, Lou Reed.

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