Paul McCartney à Montréal
Il ne semble y avoir aucune fin à l'énergie et à la créativité de Paul McCartney. À la veille d'entamer la sixième décade de sa longue et spectaculaire carrière professionnelle, venant de recevoir le prestigieux prix Gershwin des mains de Barack Obama, McCartney, qui est sur une bonne lancée selon La Presse pour souligner son passage prochain à Montréal, semble aussi parfois pris pour acquis, à mes yeux à tout le moins. Sa visite au Centre Bell jeudi le 12 août est certainement l'occasion de revisiter une infime partie de l'oeuvre de celui qui est, en ce qui me concerne, dans le Top cinq des grands mélodistes du XXème siècle.
Sa venue en ville remue bien des fans, dont Sylvain Cormier du Devoir (ainsi que l'humble rédacteur de ce billet). Ce rare passage en ville restera un temps fort de l'année, tout comme cela avait été le cas pour Québec il y a deux ans.
Ce diable d'homme nous gâte musicalement depuis une éternité déjà, et trouve encore le moyen de rester alerte et de s'épanouir davantage, comme si c'était encore possible à 68 ans, avec le talent et la carrière qu'il a eu.
Après avoir révolutionné le monde de la chanson populaire depuis les années soixante (non sans l'aide de quelques amis, bien sûr! ;), ses années post-Beatles ont été une enfilade d'albums et de 45 tours pour la plupart mémorables. De manière régulière depuis 1970, soit en solo, soit en passant par Wings, ainsi que ses nombreuses collaborations des années '80 avec les Michael Jackson, Stevie Wonder et Elvis Costello le succès commercial et artistique de McCartney ne s'est jamais démenti. Jamais.
Oui, il a eu des années inégales, mais n'empêche... Ce qui le sauve, ça reste la grande qualité de ses mélodies, inatteignable pour le commun des mortels ET des musiciens professionnels même les plus aguerris, toujours dans une classe à part; des lignes irrésistibles, joyeuses, généreuses et rarement redondantes. Son inventivité mélodique ne semble connaître aucune limite, aucune fatigue.
À lire, l'entrevue de Paul Simon dans Songwriters on songwriting à la page 106. D'entrée de jeu il affirme ne pas être du même calibre que McCartney, mélodiquement parlant et raconte l'anecdote suivante. Alors qu'il travaillait sur Graceland, il lui a fait entendre les pièces sur lesquels il bossait depuis déjà un bon moment. Il raconte avec quelle facilité Macca improvisait de très bonnes lignes qui dominaient l'ensemble, sans efforts particuliers. C'était facile, fluide et très musical. Ailleurs dans cette entrevue, Simon affirme que personne n'arrive à la cheville des mélodistes de la première moitié du vingtième siècle tel Irving Berlin, sauf McCartney.
Au fil des ans il aura donné dans la musique classique, l'électonique avec un membre de Killing Joke, le rock 'n roll pur, et il a créé au fil des décennies des chansons résolument rock à partir de grooves redoutables et n'ayant rien à envier à aucun autre rock 'n roller. Il s'est intéressé au cinéma, aux Arts visuels ainsi qu'à l'écriture, au-delà de ses propres paroles de ses chansons. Bref une spectaculaire carrière professionnelle.
Comme parolier , il a su impressionner son comparse Lennon, qui avait d'ailleurs souligné en entrevue la qualité du texte de Hey Jude, et du parolier qu'est Mc Cartney à ses meilleurs moments. Toutefois, avec le temps, il s'est montré capable de bien des lieux communs et de ne pas toujours chercher ses thèmes bien loin. Ce qui n'a jamais nui à son succès populaire, me direz-vous avec raison.
Profitons de l'occasion pour visiter le "master class" qu'il avait donné dans le cadre de la promo de son album Chaos And Creation In The Backyard en 2007. Sept clips qui nous le font voir dans son élément de prédilection, soit le studio, mais devant public. Une performance à la fois promotionnelle (Paul semble parfois être en perpétuelle représentation) et éducative. Et une conclusion qu'on ne voit pas venir, tel un vrai bon punch!
De plus, si le temps me le permet, j'ajouterai un ou deux trucs avant jeudi le 12, parce que McCartney , c'est un des derniers grands mélodiste encore en activité, un art qui se perd, selon certains. Mais ça, on reviendra là-dessus, promis...
Site officiel de Paul McCartney










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